Je m’appelle Marc Valleur, et j’ai consacré une grande partie de ma vie à comprendre les mécanismes des addictions, en particulier celles liées aux comportements comme le jeu. Mon parcours s’inscrit dans une époque où ces troubles étaient encore mal compris, parfois même ignorés par la médecine traditionnelle.
Très tôt, j’ai ressenti le besoin de dépasser une vision simpliste de l’addiction. Pour moi, il ne s’agit pas uniquement d’un problème de contrôle ou de volonté. C’est un phénomène profondément humain, lié à la recherche de sens, de plaisir, d’évasion et parfois de survie psychique.
Mon travail s’est principalement développé au sein du Centre Marmottan, un lieu emblématique en France pour la prise en charge des addictions.

Mes débuts en psychiatrie
Lorsque j’ai commencé mes études de médecine, je ne savais pas encore que je m’orienterais vers les addictions. Comme beaucoup, je pensais que la psychiatrie se limitait aux troubles classiques.
Mais très vite, j’ai été confronté à des patients dont les comportements ne rentraient dans aucune case. Certains ne consommaient pas de substances, mais étaient pourtant pris dans des spirales destructrices.
C’est là que j’ai commencé à m’intéresser à :
- la dépendance psychologique
- les comportements compulsifs
- les mécanismes du plaisir
J’ai compris que ces phénomènes méritaient une attention particulière.
Le Centre Marmottan : un tournant décisif
Mon engagement au Centre Marmottan a marqué un tournant dans ma carrière.
Ce centre n’était pas un lieu comme les autres. Il accueillait des patients avec des parcours souvent complexes, parfois en rupture avec les structures traditionnelles.
C’est là que j’ai commencé à observer :
- des joueurs compulsifs
- des comportements répétitifs
- des addictions sans substance
À l’époque, parler de « jeu pathologique » n’était pas encore courant. Pourtant, les patients étaient là, avec des souffrances bien réelles.
Mon parcours
| Période | Rôle | Lieu | Focus |
|---|---|---|---|
| Formation | Étudiant en médecine | France | Psychiatrie |
| Début carrière | Psychiatre | Hôpitaux | Troubles psychiques |
| Carrière clé | Responsable | Centre Marmottan | Addictions |
Ma compréhension des addictions
Au fil des années, j’ai développé une vision particulière des addictions.
Je ne les considère pas comme des maladies isolées, mais comme des relations entre une personne et un objet, une activité ou une sensation.
Dans le cas du jeu, cette relation est particulièrement forte. Le joueur ne cherche pas seulement à gagner. Il cherche :
- une excitation
- une rupture avec la réalité
- un sentiment de contrôle
C’est cette dynamique qui rend le jeu si puissant.
Les joueurs : ce que j’ai observé
Au Centre Marmottan, j’ai rencontré des profils très différents.
Certains joueurs étaient :
- rationnels au départ
- progressivement envahis par le jeu
- incapables de s’arrêter
D’autres utilisaient le jeu comme une forme d’échappatoire.
J’ai compris que le jeu pouvait remplir plusieurs fonctions :
- gérer l’ennui
- fuir des émotions
- donner du sens
Profils de joueurs
| Profil | Caractéristiques | Motivation |
|---|---|---|
| Joueur émotionnel | Cherche à fuir | Soulagement |
| Joueur stratégique | Croit maîtriser | Contrôle |
| Joueur impulsif | Agit sans réfléchir | Excitation |
Mes publications et mon rôle public
Au fil de ma carrière, j’ai également pris la parole publiquement. J’ai écrit, participé à des conférences et contribué à faire connaître le phénomène des addictions comportementales.
L’évolution de ma vision du jeu
Avec les années, ma compréhension du jeu pathologique a profondément changé. Au départ, je pensais que le jeu excessif était simplement une forme d’impulsivité ou une mauvaise gestion des risques. Mais l’expérience clinique m’a montré une réalité beaucoup plus complexe.
J’ai compris que le jeu n’est pas seulement une activité, mais une expérience psychique complète. Il engage :
- l’imaginaire
- les émotions
- le rapport au hasard
- la relation à soi-même
Le joueur ne joue pas uniquement pour gagner. Il joue pour ressentir quelque chose. Et parfois, ce quelque chose devient indispensable.
Ma vision des addictions comportementales
Au fil du temps, j’ai contribué à défendre une idée qui n’était pas toujours évidente : les addictions ne se limitent pas aux substances.
Le jeu, comme d’autres comportements, peut devenir une dépendance à part entière. Les mécanismes que j’ai observés chez les joueurs sont très proches de ceux que l’on retrouve dans :
- la dépendance à l’alcool
- la toxicomanie
- les troubles compulsifs
Ce qui change, ce n’est pas le mécanisme, mais l’objet.
Le rôle du hasard et du contrôle
Un élément central dans ma réflexion a toujours été le rôle du hasard. Contrairement à d’autres addictions, le jeu introduit une dimension unique : l’illusion de contrôle.
Beaucoup de joueurs pensent pouvoir influencer le résultat, même lorsque celui-ci est totalement aléatoire.
J’ai observé que :
- le hasard est souvent mal compris
- les gains renforcent les croyances erronées
- les pertes alimentent le besoin de continuer
C’est un paradoxe : plus le joueur perd, plus il peut être tenté de jouer.
L’impact des technologies modernes
Avec l’arrivée du numérique, le jeu a changé de nature. Lorsque j’ai commencé, le jeu était limité dans l’espace et dans le temps. Aujourd’hui, il est disponible en permanence.
Cette transformation a plusieurs conséquences :
- disparition des limites physiques
- accélération des cycles de jeu
- isolement du joueur
- personnalisation des expériences
Je considère que cette évolution représente un tournant majeur dans l’histoire des addictions.
Mon rôle dans la reconnaissance du jeu pathologique
Une partie importante de mon travail a consisté à faire reconnaître le jeu pathologique comme un véritable trouble.
Lorsque j’ai commencé, ce sujet était souvent minimisé. Aujourd’hui, il est mieux compris, mieux étudié et mieux pris en charge.
Je suis fier d’avoir contribué à :
- faire évoluer les mentalités
- sensibiliser le public
- développer des approches thérapeutiques
Ma vision du traitement
Je crois profondément que le traitement des addictions doit être humain avant tout.
Il ne s’agit pas simplement de supprimer un comportement, mais de comprendre ce qu’il représente.
Dans mon approche, j’accorde une grande importance à :
- l’écoute
- la relation thérapeutique
- la compréhension du parcours de vie
Chaque patient est différent, et chaque traitement doit l’être aussi.
Mon héritage
Avec le recul, je pense que mon travail a contribué à ouvrir une nouvelle manière de penser les addictions.
J’ai essayé de montrer que :
- les addictions sont des expériences humaines
- elles ont un sens
- elles peuvent être comprises
Ce n’est qu’en les comprenant que l’on peut réellement aider.
Si je devais résumer mon parcours, je dirais qu’il s’agit d’un chemin de compréhension.
Comprendre le jeu, comprendre les patients, comprendre la société.
Les addictions ne sont pas un problème isolé. Elles sont le reflet de notre époque, de nos désirs, de nos limites.
Mon travail a toujours été guidé par une conviction : derrière chaque addiction, il y a une histoire.
Et c’est cette histoire qu’il faut écouter.


